Approfondissement · 28 octobre 2026

Disciples du Christ

Avec Hubert

Réécouter l’enseignement

Ce qu'il peut, mais c'est quand même bien de pouvoir commencer. Merci à toi, Hubert, d'avoir accepté de partager ta foi aux disciples de Jésus.

Et vous voyez, donc, c'est aussi l'occasion, comme Gaëtanne t'est présente, c'est à chacun d'entre nous, qu'on soit prêtre ou laïque, d'apporter sa contribution.

Et c'est une contribution, d'abord, parce qu'on met en activité ce qu'on a reçu le jour où on a fait. C'est l'amitié avec toi qui m'as réveillé depuis un an et demi. Mais voilà, c'est aussi de mettre en œuvre la grâce du sacrement de Marie.

Alors, Diana, c'est par ici. Alors, Diana, c'est incroyable : elle me demande des informations, je lui dis : « Ce soir. » « Quoi, ce soir ? » Eh bien, elle est avec nous, Diana. Bravo. Près d'Ilan, Près d'Ilan.

Alors, je vous souhaite une belle rencontre. Surtout, c'est aussi important, s'il y a de la catéchèse, c'est une manière de nous dire que notre foi se raisonne aussi.

On peut parler des sentiments : « Je suis touché par Dieu, par la grâce », très bien, mais il faut essayer de comprendre ce qui se passe. Et c'est ce qu'on appelle — il y a un vocabulaire théologique, on parle aussi des textes — mais c'est important de raisonner sa foi. Autrement, on risque de se tromper. Mais si on ne parle qu'avec sa tête, il ne faut pas oublier son cœur.

Certains d'entre vous ont eu l'habitude de s'occuper des petits, je vous rappelle aussi qu'être disciple, c'est vraiment s'occuper de son frère. C'est le texte qu'on a entendu dimanche dernier.

Et pour finir, dimanche c'est la fête de la Toussaint, alors être disciple de Jésus c'est aussi une manière de se rappeler qu'on marche vers celui qui nous conduit à une éternité. C'est à dire que l'amour que vous avez pour quelqu'un, il est plus fort que la mort C'est surprenant, mais c'est un acte de foi.

Donc, dimanche, on fera mention de celui que vous avez aimé et qui veille sur vous. C'est une manière de nous rappeler qu'on est juste de passage. Voilà. Hubert, je te laisse.

Merci, mon père. Je suis très content d'être là avec vous ce soir. J'ai un petit peu le trac, mais on va y arriver. C'est une grande responsabilité.

Ce soir, on va parler… En fait, ce soir, on va… Même si le père a raison, il y a des séances qu'on va faire ensemble qui seront beaucoup plus dans l'approfondissement un peu plus théologique pour avoir cette structure qui nous permet aussi de lire, bien sûr, peut-être l'Évangile, mais aussi sa vie sur la base des enseignements de l'Église.

En fait, moi, ce soir, j'avais vraiment envie de vous donner une base qui me paraît être un cadeau et qui est hyper importante, c'est de comment avoir une relation avec Jésus, comment prier, même si personne ne sait prier. Et donc, en fait, on va plutôt, vous allez voir, se tourner sur le cœur. Mais je trouve que cette base-là, elle est hyper importante et je veux la poser dès le départ, parce qu'en fait, une fois qu'on a ça, finalement, effectivement, il y a un peu plus de théorie et je me réjouis déjà d'en partager avec vous, mais on ne peut plus se tromper vraiment, parce qu'il y a ce filet-là, et puis c'est le cœur.

Et donc, en fait, la prière, c'est toujours assez difficile d'en parler, mais par exemple, ce qu'on vit ce soir, si on le décide, c'est une prière. Et du coup, je voulais commencer par nous tourner vers le Seigneur, et on va voir ce soir trois approches de la prière, qui commencent par se présenter soi-même : « Me voici. »

Et donc tout simplement, vous avez fait le chemin jusqu'ici. On a tous fait le chemin pour être ici ce soir c'est un effort, c'est pas simple du tout, il y en a d'ailleurs qui auraient voulu et qui peuvent pas, donc on va notamment offrir leur absence et leur pensée ensemble, On offre tout ce qu'on est quand on fait ce « me voici ».

Donc par exemple moi ce soir, j'ai envie d'offrir aussi toutes les personnes qui sont affectées par ce train, cet accident dramatique qu'il y a eu en Espagne. J'ai envie aussi d'offrir notre curé, qui crée un petit peu les conditions pour qu'on puisse cheminer ensemble. Et je trouve que c'est une vraie chance. Donc il y a ce me voici.

Et après bien sûr pour la prière, on sait tous qu'il y a des mots qui nous sont donnés qui peuvent nous aider, donc moi je propose tout simplement qu'on fasse un Notre Père et un Je vous salue Marie. Mais en fait à travers ces mots qui nous sont donnés, ce que je trouve très beau et on va le voir aussi, on va le développer ensemble, mais il y a une demande qui est faite. C'est-à-dire que parfois il peut y avoir un petit orgueil quand on prie, de se dire : « Je n'ai pas envie que ce soit juste une relation de demande », mais en fait, c'est hyper important de demander. Donc ce qui est beau dans le Notre Père, c'est que si on regarde bien, c'est une prière, il n'y a que des demandes. Comme ça, le ton est donné.

Et donc on commence, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Donc, aujourd'hui, on demande l'intercession de deux saints, qui sont les saints du jour. On a quand même pas mal de chance : Saint Simon et Saint Jude, priez pour nous. C'est des apôtres, donc eux ils ont vécu, on les connaît moins bien Saint Simon et Saint Jude, mais c'est des apôtres, ils ont vécu avec le Christ, et ils sont tous les deux morts martyrs ensemble d'ailleurs, c'est pour ça qu'on les fête le même jour.

Donc là, ce soir, ce dont on va parler, c'est quelque chose que j'ai reçu, moi, en 2017. J'étais à une retraite, je n'avais pas du tout envie d'y aller. Mais ma femme était d'accord pour y aller. Je m'étais dit : « Bon, d'habitude, on vit toujours notre foi un petit peu, chacun de notre côté. » Là, elle met une proposition sur la table, je ne peux pas... Mais c'était une retraite en silence et je trouvais qu'on avait beaucoup de choses à se dire. Alors, être ensemble, mais en silence, ça me paraissait une punition insurmontable. Et en fait, on m'a appris. Une des parties de la retraite, c'est ce qu'on va voir maintenant. Et ça m'a retourné comme une crêpe.

J'espère que ça va vous arriver aussi même si j'espère que ça ne va pas arriver juste maintenant, parce que c'est assez bouleversant. Et en fait, du coup, c'est vrai que ce que j'ai découvert c'est un dérivé de ce qu'on appelle parfois les exercices de Saint Ignace de Loyola qui sont des exercices spirituels qui sont assez exigeants, mais là c'est une version hyper simplifiée pour des gens comme vous et moi qui n'avons pas 30 jours à donner de retraite immédiatement.

Et en fait, j'ai découvert que cette Bible, c'est… Comment dire… c'est hyper dangereux : si vous la lisez vraiment comme il faut, ça transforme les coeurs.

Et en fait, pour ça, ça faisait un moment. J'ai toujours eu une vie de foi assez intense, mais il a fallu que j'attende 35 ans de ma vie avant de comprendre que… quand on te donne un peu les clés pour rentrer dans le texte.

Et encore une fois, ce n'est pas de rentrer dans le texte au niveau terminologie ou théorie, etc., mais vraiment, comprendre que c'est une parole vivante qui nous permet de rencontrer Jésus, là, maintenant. Et donc, voilà, c'est ce qu'on va voir.

Et c'est vrai que ce que j'essaie de vivre avec vous ce soir, c'est qu'en fait, on va s'intéresser à quatre lignes. C'est un gros livre, il y a beaucoup à lire, on va s'intéresser à quatre lignes. Et en fait ces quatre lignes, ce que j'espère va vous aider à comprendre c'est que déjà il y a… Si quatre lignes ça peut nous donner autant d'opportunités de se mettre en présence du Christ, alors tout l'évangile et puis l'ancien et le nouveau testament, ça nous donne vraiment beaucoup d'opportunités.

Mais aussi, de comprendre qu'en fait à travers chaque ligne de l'évangile il y a ce même visage du Christ. Et en fait, là on arrive déjà dans le sujet. C'est-à-dire que en fait, quelque chose qui nous met tous en commun au niveau de l'humanité, c'est que un, on a tous une soif de Dieu qu'on s'avoue plus ou moins, mais en fait, on a tous une image assez faussée de Dieu.

Et en fait, ma conviction profonde, c'est que si on arrivait à… On dit qu'on a été créé à l'image de Dieu et que cette image a été un peu brisée par le péché originel. Mais c'est vachement intéressant qu'en français on utilise ce mot « J'ai une bonne image de toi », « j'ai une mauvaise image de toi », parce que en fait, je pense qu'en fait le travail qu'on doit faire dans notre coeur, c'est de réparer l'image qu'on a de Jésus : C'est pas de réparer, c'est pas : « Je dois me rafistoler. » C'est juste que si jamais j'arrivais à vraiment comprendre qui est mon Dieu, et ben, en fait, il n'y aurait plus de problème sur terre.

En fait ça va assez loin. Pour dire, si on arrive on pourrait arrêter la guerre en Ukraine ce soir… Dans cette église, si on arrivait vraiment à… Parce que, et donc en fait, toute la question devient comment est-ce que je change mon regard sur Dieu ? Comment est-ce que je reconstruis l'image de Dieu qui est la... Et une des…

Oui, bonsoir, comment tu t'appelles ? Faustine. Faustine ? Viens donc, on vient de commencer. Et on disait que ce soir, on allait essayer d'apprendre ensemble à prier. Je te propose de te mettre même au premier rang, pourquoi pas, aux côtés de Joseph, très bien.

Donc, en fait, toute la question du coup devient de comment est-ce que je reconstruis la vraie image de Dieu en moi ? Et en fait un des impératifs c'est que si jamais… Donc une chose qu'on dit assez facilement, moi j'entends beaucoup de choses dans l'église partout, par exemple, « Dieu est amour », et en fait, ça m'énerve profondément, ces phrases là, parce que : qui t'a permis de dire ça ? Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?

Et c'est vrai que, d'un côté, vous allez voir, moi, j'ai un esprit très rationnel, donc j'ai besoin que ce soit un peu logique. Mais en tout cas, j'aime pas du tout la foi qui peut pas se vivre et quand on dit des phrases un peu toutes faites comme ça je comprends pas ce qu'on nous invite à vivre.

Mais c'est vrai qu'on a tous cette intuition que Dieu est amour, l'église nous le dit, etc. Mais c'est vrai que si j'ai été créé par un Dieu qui m'aime rien que cette pensée là, si elle est vraie, ça change quand même pas mal de choses. Enfin, je veux dire, si on doit accepter cette parole comme étant vraie dans ma vie, alors la manière dont je vis, quand même... C'est pas que ça nous impose — moi, je ne suis pas du tout dans une église ou dans une foi qui nous donne des impératifs, pas du tout — mais je suis plutôt dans une vision de comment est-ce que je peux vivre en cohérence avec ça. Parce que si c'est vrai, si c'est vrai, je dois vraiment... D'abord, l'amour, c'est une histoire de... Il se donne, mais il se reçoit, et s'il n'y a pas d'échange, déjà, il y a quelque chose qui va pas, quoi. Donc, comment est ce que je reconstruis l'image que Dieu qui est en moi, de ce Dieu qui soit disant est amour, et je comprends pas ce que ça veut dire ? Et en fait, ce qui vous unit dans ce soir, c'est que vous êtes tous en train de faire une démarche vers Dieu, et en fait, c'est une une démarche de foi. Et donc, là aussi, on prend ce mot foi et on se dit : « Mais qu'est-ce que c'est que ce... » Et en fait, le mot foi, pour moi, c'est exactement ce qu'on est en train de faire ce soir, c'est cheminer. C'est avoir la foi, c'est cheminer. C'est pas…

Ça m'intéresse pas tellement de savoir si je crois en Dieu ou pas, c'est pas du tout ça le débat, ok ? J'avais presque envie de dire que, quelque part, c'est une fausse question, parce que, encore une fois, je suis pas du tout un exemple, mais moi, je fais partie de ces gens qui ont eu la chance — ou pas — de naître avec des parents qui sont chrétiens, qui m'ont baptisé d'entrée de jeu, j'ai fait du caté, donc quelque part on pourrait dire, j'ai toujours été dans la foi. Et pourtant il y a le doute, le doute il est normal.

Et donc si jamais tout à coup on dit : la foi, c'est une question de : « Est-ce que je crois en Dieu ou pas ? » Tout à coup le doute peut tuer la foi. Alors qu'en fait la vraie foi elle dit : « Ah ben, en fait, le doute va arriver dans ma vie, comme la tentation du péché va arriver, comme la souffrance va arriver. » Il y a tout un tas de choses qui se passent dans la vie du chrétien. Et on n'a pas de contrôle là-dessus.

Mais on a un contrôle sur comment on répond à tous ces événements-là. Et c'est ce beau mot de responsabilité. J'ai l'habilité à répondre.

Et donc, en fait, la vie de foi, même quand le doute arrive, c'est de se dire : ça, je vais aller le poser sur l'autel, je vais l'emmener dans ma prière. Je ne sais pas si tu es là, mais tu vois, ce doute-là, je le pose aussi devant toi.

Et donc en fait, ce cheminement de foi, cette relation avec Dieu, cette reconstruction de l'image de Dieu dans mon cœur, c'est ce qu'on appelle la prière. Ok.

Tout ce qui contribue à… En anglais aussi, on a un beau mot qui est « remember », parce que en fait, et donc, c'est « remembré ». Si on regarde un petit peu le mot français C'est à dire que, quelque part, on a tous cette image de Dieu au fond de nous, gravée quelque part, et on va essayer de se souvenir, de reconstruire ce Dieu qui est vraiment celui qui peut nous aider à trouver le salut, mais souvent, ça veut juste dire se trouver soi-même.

Et donc, ce qui est vachement intéressant, une fois que tu as compris que cette relation avec Dieu, c'est ce qu'on appelle la prière, en fait, à un moment donné, tu comprends beaucoup de choses qui te libèrent.

Parce qu'à un moment donné, les apôtres disent à Jésus, « Apprends-nous à prier, parce que les disciples de saint Jean-Baptiste, on verra un peu plus tard saint Jean-Baptiste, eux ils savent prier, toi tu nous as pas appris à prier, donc apprends nous à prier. » Et puis Jésus qui est assez cool, il leur dit : « Bah voilà, tu fais ces 7 demandes à notre père, et puis c'est bon, tu sais prier. »

En fait pour Jésus, c'est compliqué cette question parce que il est là au milieu d'eux et pour lui la prière c'est la relation avec lui. Donc tant que t'es avec lui physiquement, t'as pas besoin de faire des trucs, Tu vois ce que je veux dire ? Tu lui parles, et puis voilà, c'est bon.

Et donc… Donc, et donc, mais en fait, ce qui est très intéressant aussi, quand on comprend justement la place des apôtres et de Jésus qui est au milieu d'eux, et puis qui se demande comment ils peuvent prier, c'est qu'on comprend toute la logique, c'est que c'est Jésus qui est venu, ok ? C'est Jésus qui vient à notre rencontre.

Donc, tu ne dois pas... La prière, ce n'est pas un truc que tu dois mettre en place, etc. La prière, c'est de comprendre déjà que c'est Dieu qui fait le chemin. Le plus gros du chemin, c'est Dieu qui le fait. Et nous, notre responsabilité là-dedans, elle est importante quand même, c'est de nous disposer à cette prière, et c'est d'amener toute notre humanité dans cette prière.

Et donc on va voir un petit peu ce que ça veut dire mais du coup pour pouvoir faire les choses correctement, parce que mine de rien c'est important, cette relation, comme toute relation, c'est vrai que là c'est avec notre créateur, c'est avec Jésus, donc notre responsabilité pour pouvoir amener toute notre humanité c'est déjà de commencer par reconnaître quelque chose qui est important, qu'on comprend tous mais qui est assez difficile à vivre : c'est le silence.

Parce qu'on ne peut pas s'amener, surtout dans une relation qui va être plutôt spirituelle Jésus, pour le moment, il n'est pas physiquement avec nous, donc c'est très spirituel il faut ce silence.

Et c'est vrai que le silence, le plus important, il est intérieur, si vous êtes comme moi, vous avez besoin de silence à l'extérieur pour pouvoir faire le silence à l'intérieur, silence qui peut faire peur parfois.

Ça c'est intéressant. Quand le silence nous met mal à l'aise, c'est un signal assez important j'ai envie de dire, et ça, tout ce que ça veut dire c'est qu'il faut plus de silence dans sa vie C'est comme tu sais, quand tu parles pas souvent avec quelqu'un, tout à coup c'est un peu difficile de faire la conversation Mais en fait, ne pas faire la conversation, le silence, ça demande aussi un petit peu d'habitude.

Et en fait, encore une fois, il ne faut pas être en guerre avec soi-même parce qu'on n'arrive pas à faire silence, parce que ça aussi, c'est amener son humanité, vouloir le silence c'est déjà très bien. Ne pas arriver au silence intérieur... Une des techniques qui marche très bien, mais encore une fois, ça, c'est une question aussi un peu d'habitude, c'est que tout le bruit qu'on a en soi, en fait, il est hyper important. C'est des choses qui ont besoin d'attention mais qui ne l'ont peut-être pas reçu de la manière qu'il fallait.

Donc tout ce qui vous vient, que ce soit une distraction ou que ce soit un vrai problème qui vous empêche de rentrer en prière, ça aussi, il faut le nommer et il faut le dire : « Voilà, Jésus, j'essaie de passer du temps avec toi, mais là, je n'arrête pas de penser à mon examen de demain ou j'ai mon patron qui m'a dit ça et je n'arrive pas à le digérer. »

Donc, on vise le silence, mais on sait aussi que c'est un peu un idéal, et on sait aussi que c'est un peu quelque chose qu'il faut cultiver. Donc, quand on démarre, on part de là où on en est.

Et c'est intéressant parce que même ce silence, finalement, ce qui va mobiliser toute notre humanité, toutes nos capacités humaines. Et pourquoi je dis ça ? Parce qu'en fait, quand je parle de notre humanité, je parle aussi, par exemple, de mon corps. Mon corps, je peux lui demander de se mettre en prière.

Et d'ailleurs, c'est assez intéressant, parce que vous pourrez faire l'expérience tout à l'heure, si vous demandez à votre corps de se mettre en prière, il sait ce qu'il doit faire. Vous me direz après si… Ou pas d'ailleurs, mais faites l'expérience de demander à votre corps de se mettre en prière.

Mais aussi, quand je parle de toute notre humanité, c'est ma volonté, c'est mes émotions, c'est vraiment tout. Il n'y a rien qui n'intéresse pas Dieu. En fait, ça c'est quelque chose qu'on découvre aussi, plus la vie spirituelle se met en place, c'est qu'il n'y a strictement rien de ma vie qui n'intéresse pas Dieu.

Et même, j'ai appris qu'il y a des choses de ma vie qui ne m'intéressent pas qui intéressent Dieu. Et il a raison. Donc on est dans cette démarche là, qui est la première approche de la prière qui est ce me voici : j'arrive comme je suis, mais j'essaye vraiment de me mettre en ta présence et moi je ne suis qu'un être humain.

Et dans le poster que le Père Patrick m'avait suggéré de faire pour créer cette invitation pour ce soir, il y a une phrase, quand je pensais à nous tous et que j'essayais de préparer ce soir, qui m'est venue et qui m'est parue assez importante de mentionner, qui est : « Notre humanité est la meilleure part de sa divinité. » Et je vais m'attarder un petit peu là dessus parce que je pense qu'il y a quelques clés qui sont importantes et qui peuvent nous aider un peu plus tard quand on se penchera sur ce texte.

La première chose quand je dis ça, c'est que, quand on comprend la logique de Dieu, quand il nous crée, il fait vraiment le mieux qu'il peut et Dieu peut beaucoup, on le sait, donc quand on se retrouve, nous, avec nos petites faiblesses et toutes nos incapacités, on peut se dire : « Pourquoi est-ce que je suis si fragile ? Pourquoi est-ce que je suis si limité ? »

Et en fait, je pense qu'il faut rentrer dans cette image que Dieu, je ne dirais pas qu'il est jaloux de nous, mais à ses yeux, même cette limitation, cette humanité, elle est parfaite pour lui.

Et en fait, après, ce que je vous invite à regarder plus tard quand on sera dans le texte, c'est qu'en fait, c'est assez mystérieux quand même la manière dont Jésus nous sauve. Un autre soir, je vous expliquerai un peu plus ça, les clés de comment Jésus nous sauve. Mais il y a un truc qu'on peut dire déjà ce soir, c'est que Jésus, il nous sauve par son humanité. Il aurait pu arriver avec des grandes flammes, il aurait pu soudoyer les Romains et tout le reste de l'humanité, et nous faire rentrer dans l'amour, mais ce n'est pas du tout ce qu'il fait. Et de temps en temps, c'est vrai qu'on a envie, et même dans nos vies, on a envie de se dire : « Mais si tu es tout puissant », etc. Mais encore une fois, cette humanité, c'est un trésor incroyable. Pour Dieu, c'est la clé.

Et donc, pour lui de prendre des raccourcis, il va utiliser, et puis dans l'évangile, vous avez lu Saint Luc, ou en tout cas, on continue de lire Saint Luc. Et il y a plein de miracles, il y a plein de miracles, c'est vrai. Mais tous ces miracles nous amènent à la croix. Et la croix, on dit : « Mais attends, là, il n'y a rien de miraculeux, là. » Et en fait, si. Mais ce qui est miraculeux, c'est cette humanité de Jésus qui se manifeste à un degré tel.

Et donc, en fait, c'est ça que je veux planter dans votre esprit ce soir, c'est qu'on doit reconstruire cette image de Dieu et certaines clés de notre humanité, en fait, nous disent énormément sur le Dieu qu'on a.

Et en fait, même ce que cette Bible, ce que cet évangile… Venez donc, merci d'être là. Pas de soucis, on fait tout ce qu'on peut et on est très contents que vous soyez là. Donc Dieu nous a créés à son image. On a perdu un peu cette image, on essaie de s'en souvenir. Dans la Bible, dans l'Évangile, Jésus se montre tel qu'il est. Et encore une fois, sur certains aspects, c'est un super héros et il sauve et il guérit. Et sur d'autres aspects… Et en fait, même ces aspects-là…

Et en fait, maintenant, je vais vous inviter à rentrer dans la deuxième approche de la prière, qui va vous surprendre, je pense. C'est que, d'un côté, j'ai dit, quand on est en prière, on veut rentrer en silence, mais il y a parfois ces distractions, ou même quelque chose qui nous bloque dans notre esprit. Et maintenant, je vais vous dire qu'en fait, votre esprit, votre imagination, c'est la deuxième attitude de la prière. Ça, c'est assez déstabilisant, mais comme on sait que ça vient, encore une fois la méthode qui m'a été enseignée, c'est celle des jésuites et qu'il n'y a pas plus carré que les jésuites dans l'église, on sait qu'on est sur du solide.

Mais les jésuites, et Saint Ignace de Loyola, a dit bien des fois et a développé toute une méthode pour qu'en fait on puisse se mettre devant l'évangile. Et en fait le truc c'est de se mettre : comme un… Dans les films, les personnages qui ne sont pas des personnes clés comment on appelle ça ? Oui, mais en anglais, en français, on dirait quoi ? Oui des personnes secondaires mais tu vois juste, des personnages dans le public, on va dire. Figurant. Voilà exactement.

Donc en fait, c'est ça que je vous invite à vivre ce soir. Quand on va prendre ce moment avec le texte, c'est d'être capable d'imaginer. Et en fait, il y a quelque chose qui m'a beaucoup aidé et c'est là où c'est assez subtil, c'est que c'est là que ce livre est un peu magique, c'est que vous allez croire que c'est votre imagination toute seule, mais l'Esprit-Saint est là, l'Esprit-Saint a envie que ça se passe, ok ? Et en fait, c'est passer du vraisemblable au semblablement vrai, ok ?

Donc c'est-à-dire que l'idée de cette imagination, qu'est-ce qu'elle cherche à faire ? Déjà, elle cherche à nous décentrer de nous-mêmes, ok ? Donc la première étape, c'est que je me mets devant le texte, et le texte, il se passe dans un lieu. Là, on verra, on est près du lac de Tiberiade, Jésus vient de se faire baptiser. Et en fait, donc, on imagine déjà le lieu, on n'y a jamais été, mais on sait ce que c'est qu'un lac, on sait ce que c'est qu'une berge. Et en fait, on a déjà, comme c'est des textes souvent qu'on connaît, on a déjà cet imaginaire qui est déjà en nous. Donc, on l'invite juste à s'exprimer. Et au début, il n'y a pas de personnage. Je suis là, il y a une nature, il y a un décor, et il y a une sensation peut-être de chaleur, de vent, je ne sais pas. Mais on se met là et on imagine.

Et après, par la lecture du texte, on positionne les personnages. Et là, encore une fois, c'est une aventure humaine. Donc il y a un défi qui est d'être capable de regarder jusqu'à voir. Et ça, déjà, de voir les visages, d'essayer de comprendre les émotions, d'essayer de vraiment comprendre cette aventure humaine qui se passe sous mes yeux, ce moment humain. Et encore plus dur — parce que ça c'est vraiment très dur — : écouter, écouter jusqu'à entendre.

Parce qu'il y a des paroles qui sont données : il y a des… Et en fait, ces paroles, elles ont l'air très simples. Je ne sais pas si vous avez comme moi, quand on lit la Bible, on se dit : « Mais c'est fou, ce style littéraire qui n'a jamais été répliqué, qui est hyper pur. » De temps en temps : « Tu n'as pas envie de m'expliquer ? Là, il y a un truc, je sens qu'il y a une logique pour toi, mais ce n'est pas clair. »

Et en fait, tout à coup, encore une fois, quand on se met dans ce texte, en comprenant qu'en fait, mon imagination va m'emmener dans la profondeur humaine de cette situation et que ça, ça va me donner un terrain qui va me permettre de comprendre — et pas forcément comprendre un truc que quelqu'un a pensé il y a 2000 ans que je devais comprendre, parce que c'est justement ça, le piège —, comprendre que ça me permet de me mettre en face de Jésus, en face d'hommes qui ont vécu avec Jésus, et que ça me permet de moi aussi de me mettre en face de Jésus. Et là, ce qu'il y a à comprendre, c'est pas quelqu'un qui a 2000 ans qui peut le savoir, c'est moi, et Jésus.

Mais dans cette phase de l'approche, de la seconde approche de la prière, qui est l'imagination, je me décentre de moi, je regarde, et j'essaye en fait, quelque part j'invite, une des choses qui est très humaine c'est l'empathie. L'empathie, c'est qu'on a tous ce lieu en nous qui est le coeur, et on a ce super pouvoir d'être capable de se mettre dans le coeur de quelqu'un d'autre, on a vraiment ce pouvoir là, on le sait.

Et en fait vous n'avez pas besoin de faire d'effort, encore une fois vous ne faites que imaginer, c'est l'Esprit Saint qui fait le boulot. Vous n'avez même pas besoin de savoir comment.

J'aimais bien dans l'évangile d'hier, qui était l'évangile de mardi Saint Luc encore, Jésus en fait, il galère pour nous expliquer ce que c'est que le royaume de Dieu et donc il enchaîne les images. Vous avez vu ça dans Saint Luc ? Et donc on dit que le royaume de Dieu, c'est comme une graine de moutarde, elle est toute petite, on la met dans le potager, et ça devient la plus grande de toutes, et en plus ça devient un arbre et les oiseaux viennent s'abriter dessus.

Après, il dit, bon, il voit que les gens ne comprennent pas : il dit : « Bon, et c'est aussi comme une mesure de levain que la maîtresse de maison met dans trois mesures de farine, et la pâte monte. » Et qu'est-ce qu'on comprend avec ça ?

Et encore une fois, là encore, Jésus nous parle de la prière, nous parle de la relation avec Dieu. Il nous parle de plein de choses, mais on peut le ramener à la prière. C'est qu'en fait, quand vous êtes dans cette imagination, vous vous faites travailler, encore une fois, vous êtes comme cette masse de farine et hop, on met un peu de levain et vous savez pas comment, comme vous savez pas comment la graine de moutarde croît, tout ce que vous savez c'est que s'il y a un peu de soleil et un petit peu d'eau, ça va marcher.

Et donc, c'est très important de comprendre qu'en fait — et là, c'est la clé, vraiment, de ce soir pour moi —, c'est que vous, nous n'avons pas à travailler cette image de Dieu, nous n'avons pas… Mais si vous vous laissez travailler, et c'est souvent ça qui est difficile dans la prière, c'est que de temps en temps, moi le premier, tu prends ce temps de prière et tu dis : « Il ne se passe rien. » Et c'est difficile de se dire : « Attends, je vais continuer, je vais persévérer dans cette prière. »

Mais moi une image qui m'aide beaucoup, c'est justement cet évangile d'hier de Saint Luc, qui dit : « Non non, mais toi tu ne vois pas, comme l'agriculteur, il ne voit pas le champ pousser. tu le regardes et tu ne le vois pas pousser. » Mais à la fin de la saison, tu engranges dans ton grenier. Donc, à un moment donné, il y a bien un truc qui se passe. Donc, donne ta chance au Seigneur.

Et je ne connais pas de meilleur moyen que de se mettre dans l'évangile, avec première approche : « Me voici, je suis là où j'en suis. Je ne sais pas pourquoi toujours je suis là devant toi, mais tu m'as dit que tu me travaillais au corps et au cœur. Donc, je te donne ta chance. » Et après, je me descends, je rentre dans cet imaginaire, je regarde jusqu'à ce que je vois. J'écoute jusqu'à ce que j'entende. Toujours à comprendre, chercher à comprendre ce qui se passe dans les cœurs.

Et cette habitude-là, d'aller chercher ce qui se passe dans les cœurs, on la développe plus facilement quand on est dans la prière. Mais après, dans son couple, dans ses collègues de travail, quand on sait écouter son cœur, alors, on a, j'ai pas envie de dire un avantage, mais on a une richesse de vie, de sa propre vie à soi, mais qu'on peut aussi sans doute enrichir les autres, qui est quand même incroyable. Encore une fois, cette humanité qui est ce trésor que Dieu nous a donné.

Et donc, et donc… Et donc en fait maintenant on va rentrer vraiment dans le vif du sujet, j'ai promis au père Patrick qu'on ne serait pas en retard. Donc, en fait, concrètement, comment ça se passe ? On va lire le texte ensemble maintenant, encore une fois c'est 4 lignes, donc ça ne va pas être violent.

Et après, ce que je vais vous demander c'est de prendre... Alors, si vous n'avez pas de Bible, vous pouvez prendre un téléphone, on a quelques bips supplémentaires ici, etc. Mais on est à notre place, on lit. Et si on peut, d'ailleurs, quand on est à la maison, on essaye de lire les petites notes, on essaye de s'imprégner du texte et de ce qu'on nous explique. Et souvent, par exemple, une des choses qui est intéressante à faire, c'est d'essayer aussi de s'imprégner de la judaïté que le Seigneur est venu habiter. Parce que quelque part, tout ça, ça nous donne un peu des couleurs qui aussi nous aident dans notre travail d'imagination.

Mais aussi juste de comprendre, ce moment particulier de l'humanité que le Seigneur est venu rencontrer tout ça, ça nous donne des clés. Donc on lit, et après, en fait, on se déplace, on se met en chemin. Encore une fois, ça participe au décentrage.

Donc là, je vais vous demander, tout simplement, on se répartit dans la chapelle et on peut aussi aller dans la petite chapelle au fond, etc, vous faites ce que vous voulez, mais prenez pas plus de 3 minutes pour trouver où vous vous posez.

Parce que l'essentiel, c'est après de se retrouver seul, et là, on va prendre, et là, je pense qu'on ne va pas prendre assez de temps, mais on va prendre un peu de temps, dix minutes, un quart d'heure, pour faire ce travail de, d'abord, de dire : « Me voici », de ne j'ouvre pas ma Bible tout de suite. Je m'assois, je suis seul, et je fais ce me voici.

Encore une fois, je ne vous donne pas trop de recettes, mais voilà, vous présentez avec toute votre humanité. Et, ah oui, pardon, en chemin, vous demandez juste une chose pour rentrer dans la prière, c'est d'être tout à votre tâche. Donc pendant qu'on chemine vers ce point, encore une fois qui peut être dix mètres plus loin, « Que je sois tout à ma tâche. »

Ensuite, une fois qu'on est assis, « Me voici », je me rassemble, « me voici ». Et ensuite, j'ouvre ma Bible, et là, je lis peut-être une phrase et ensuite, je fais ce travail d'imagination.

Là, honnêtement, ce n'est pas un moment pour prendre des notes, c'est un moment vraiment pour être dans la lecture et dans l'imaginaire et faire ce travail de rentrer dans la scène en tant que figurant. Et voilà, on va se chronométrer. Et c'est bien, en fait, quand on prend un temps de prière, il faut toujours décider avant de combien de temps on va prendre. Nous, on va prendre 10 minutes.

Pour être tout à fait honnête, tout ce que je vous fais ce soir, ça ne fait pas justice du tout au sujet. Ça serait plutôt l'objet d'une retraite de trois jours, quelque chose comme ça. Mais mon expérience, c'est que c'est mieux de faire des petites doses avec ce qu'on a, et le Seigneur est bon, le Seigneur est déjà là en train de nous attendre. Et il a déjà des grâces de préparées pour nous. Et donc il ne faut pas trop se prendre la tête.

Mais c'est vrai que dix minutes, je dirais que quand on a l'habitude, c'est bien, c'est un minimum, on fait ça le matin ou une fois par semaine ou quand on veut. Mais ce qui est bien c'est d'avoir pris des décisions avant : Où est-ce que je vais me mettre ? Quel texte je vais prendre ? Quelle durée ? On en reparlera un petit peu à la fin.

Et donc je prends ces dix minutes, je me laisse pétrir, et à la fin, ce qui est important, je le disais au tout début, c'est de faire une demande. C'est à dire que : encore une fois, souvenez-vous que on ne sait pas prier, c'est Dieu qui vient, c'est Dieu qui sait prier. Donc en fait, il faut que cette demande on puisse presque se dire, puisqu'on a passé ce temps avec Jésus, qu'on a essayé de comprendre ce qui se passait dans son cœur, etc., presque se dire : « Ok, j'ai vécu à distance, on va dire, j'ai vécu ce moment de prière dans l'évangile, qu'est-ce qui monte ? Quelle est la prière que Jésus pourrait faire pour moi ? Quelle est la prière du cœur ? » Et on demande quelque chose, ce qui est important, c'est de finir en disant : « Voilà », on demande quelque chose.

Et après je ne sais pas si on va arriver à le faire ce soir, mais on revient à sa place. On laisse même passer peut-être dix minutes, un quart d'heure, et ensuite peut-être on prend quelques notes. Et je ne le fais pas souvent pour être tout à fait honnête, mais c'est vrai que le peu de fois où je l'ai fait et notamment dans ce livre là, en fait si quand on le fait c'est bien, on s'en rend compte après. Donc voilà. Et c'est intéressant aussi de se dire qu'on ne prend pas juste les choses à chaud. On regarde plutôt ce qui reste. Parce que encore une fois, il y a plein de choses, c'est difficile de savoir le bon grain de l'ivraie, mais c'est que ce quart d'heure là, il fait un bon travail. Et donc... Voilà.

Est-ce que quelqu'un veut lire le passage ? Ou… Et bien je vais le faire. Donc on est sûr, je vais vous donner en fait tu sais ce qu'on va faire : est-ce que tu peux faire passer ça à tout le monde ? J'en ai fait beaucoup trop, mais au moins j'ai pas péché. Ça c'est ce que vous pouvez emmener avec vous. Ça c'est ce que vous pouvez emmener avec vous quand on fera ce temps de prière. Vous retrouvez les trois approches : mais laissez-moi vous lire les quatre lignes.

Donc, on a dit 1.35. Donc, « Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus, qui allait et venait, il dit : “Voici l'agneau de Dieu.”

Les deux disciples entendirent ce qu'il disait, et ils suivirent Jésus.

Se retournant, Jésus vit qu'ils le suivaient et il leur dit : “Que cherchez-vous ?” Ils lui répondirent : “Rabis”, ce qui veut dire maître, “où demeures-tu ?”

Il leur dit : “Venez et vous verrez.” Ils allèrent donc, ils virent où ils demeuraient, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. »

Voilà, ça c'est le texte. Et donc, peut-être quelques petites clés, mais encore une fois, je ne vais pas aller trop loin là-dedans. Mais les clés, c'est qu'une des parties les plus peut-être compliquées, c'est l'agneau de Dieu. Pourquoi est-ce que Saint Jean-Baptiste dit « voici l'agneau de Dieu » ? En fait, bien sûr, Saint Jean-Baptiste, lui, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais au baptême de Jésus, il a une expérience assez forte, parce qu'il voit le Père, le Fils et l'Esprit ensemble, etc. Et donc lui, soit dans cette vision, soit par toute la préparation qu'il a eue de sa vie d'ermite, il est bien conscient de comment Jésus va nous sauver.

Et donc il sait qu'on parle, dans les psaumes même, on parle de l'agneau qui va à l'abattoir, et qui reste muet.

Mais aussi, je pense que saint Jean-Baptiste il est très conscient que Jésus représente un passage. Et en fait l'agneau pour les juifs : c'est ce qu'on a mangé debout à la hâte avant de s'enfuir d'Egypte, d'être libéré d'Egypte. Et donc c'est la nourriture du passage, de l'évasion, même, j'allais dire.

Et donc, c'est assez étonnant la manière dont Saint Jean Baptiste le mentionne mais on voit qu'en tout cas, cette parole un peu mystérieuse j'imagine même pour André et Jean, elle crée une réaction qui est sans doute la bonne réaction, c'est à dire qu'André et Jean se lèvent et vont essayer d'en savoir plus.

Et d'ailleurs, une des choses qui peut vous venir pendant ce temps de prière, c'est qu'en fait Saint Jean Baptiste il est très important, et on en a plein des saints Jean Baptiste dans notre vie, peut-être que ce soir vous êtes là parce qu'il y a quelqu'un à un moment donné qui vous a dit : Jésus ou ta foi ou ma vie, dans la paroisse, mais il y a des gens, qui, de temps en temps, te disent : « Allez, vas-y ! » Et, peut-être que c'est intéressant ce soir ou un autre jour de prier pour eux, et de dire aussi merci au Seigneur d'avoir mis des saints Jean Baptiste sur ma rue sur ma route parce que c'est là qu'on voit que des toutes petites choses dans cet évangile peuvent être tout à coup des sujets de conversation importante entre nous et le Seigneur.

Voilà, écoutez, en fait je ne vais pas en dire plus, encore une fois je préfère donner un petit peu de place au silence. Donc l'idée c'est que : on a lu le texte, maintenant on prend encore une fois je vais nous rappeler, dans 10 minutes, il sera exactement 21h, et on prend un temps de silence, on fait cet effort de « me voici », d'imaginer, et à la fin des dix minutes, on fait une demande, et puis ensuite on revient ici, ok ? Super, merci à vous ! Et encore une fois, si vous n'avez pas de Bible, il y en a au premier, au premier rang. Alors, ça, en fait, c'est le premier temps de de la prière avec les trois approches.

Après, je vous disais, donc, dans un moment... Je m'excuse un peu, parce que dix minutes, c'est... C'est clairement pas assez, mais en tout cas, ça nous donne un avant-goût. Et puis, encore une fois, le Seigneur n'a pas besoin de grand-chose. Vous vous souvenez, quand il y a les 3000 personnes devant lui et qu'il faut les nourrir, il y a trois bouts de pain et un poisson, il n'y a pas de problème.

Mais c'est vrai qu'en fait, après, au bout d'un quart d'heure, on peut prendre quelques notes si on en a la patience. Et puis, en fait, il y a un deuxième temps.

Ça peut être plusieurs jours, même une semaine plus tard. L'idée, c'est de se remettre sur le même texte et de faire exactement les mêmes trois approches. Et là, on commence à comprendre cette image que Jésus utilise, du levain et de la pâte qu'il faut pétrir. C'est-à-dire que si jamais on faisait qu'une fois, et puis... y'aurait pas, y aurait pas ce côté de macération. Et du coup, et du coup, effectivement, c'est une chose que je vous invite à faire d'ici le mois prochain : c'est... reprenez un temps exactement sur ce texte. Et peut-être, du coup, cette fois ci, l'idée, effectivement, c'est d'arriver à aller un petit peu plus loin dans cet effort d'imagination. Peut-être d'arriver, par exemple... C'est assez étonnant, mais quand on essaye d'imaginer l'intonation des voix, il y a aussi de s'imaginer aussi un peu plus sur... Comme une idée forte, c'est de se décentrer.

C'est aussi d'imaginer qu'est ce que ça pouvait être de passer une journée avec Jésus à l'époque. Mais il y a aussi des moments assez importants dans ce tout petit texte. Un moment assez magique, quand même, c'est quand Jésus se retourne. Et là il faut essayer de comprendre les regards parce qu'il y a quand même un petit peu de désarroi au début, en gros : « Qu'est ce que vous êtes en en train de faire ? » Et là, il y a un moment assez important qui se passe. Et c'est assez étonnant, d'ailleurs, la question, elle est pas complètement absurde, mais de dire, « Où demeures-tu ? », c'est pas forcément la première question, mais du coup, d'essayer de comprendre qu'est-ce que ça recherche de comprendre : « Où est-ce que tu demeures ? », etc.

Mais il y a pas mal de... Encore une fois, 4 lignes, et je pense que maintenant vous voyez un petit peu comme moi que le champ des possibles de ces 4 lignes est incroyable.

J'aime bien ce texte aussi particulièrement, pour être tout à fait honnête, je trouve qu'il colle bien à votre démarche. Parce que un des textes, en fait, qu'on commence souvent plus facilement pour ce genre de pratiques, c'est Zachée qui veut voir Jésus, mais il est un petit peu en retrait, et c'est Jésus qui vient vraiment le chercher mais votre démarche, c'est vraiment vous qui allez chercher Jésus. Et j'aime bien, il n'y a pas beaucoup de textes où c'est les disciples qui viennent chercher Jésus. Et du coup, d'essayer aussi d'aller comprendre ce qui se passe dans ces cœurs-là et de voir un petit peu comment ça peut… Encore une fois, il ne faut pas trop chercher à faire des connexions soi-même, mais d'essayer de comprendre aussi ce que ça peut dire de nos cœurs. Je trouve que c'est un texte particulièrement riche pour ça.

Après, ce que je vous disais et qui est assez important, c'est, encore une fois, la vie de foi, c'est des petits pas, des tout petits pas. Même si vous pensez que c'est un petit pas, essayez de faire encore un plus petit pas. C'est des petits pas et c'est toujours dans la liberté. Une des prières que je préfère faire, c'est pas d'avoir envie, mais d'avoir envie d'avoir envie. C'est très important de comprendre que la vie de foi, c'est avant tout un apprentissage de la liberté. Donc il ne faut pas faire les choses sous la contrainte, c'est ce que j'essaie de dire.

Mais on le voit, comme cette plante qui pousse, comme cette farine qui fermente sous le levain, il faut qu'il y ait une croissance. Et donc, la question que je vous pose, mais que vous allez répondre dans votre cœur et quand vous le sentirez, c'est comment est-ce qu'on va mettre en place des moments dans ma vie, ça peut être une fois par mois, il n'y a pas besoin, encore une fois, le rythme c'est à chacun de le donner, mais comment est-ce que je crée des opportunités pour que Jésus et l'Esprit-Saint travaillent un peu mon cœur ?

Et je pense que c'est important, encore une fois, de prendre des décisions. Et c'est ce mot responsabilité dont on a discuté tout à l'heure. Donc, tout simplement, il y a un horaire, il y a une durée. Encore une fois, on contrôle tous les paramètres. Donc on s'assure que ce soit un petit pas pas un grand pas, et après on s'y tient. C'est surtout ça qui est important. Et quand on s'y tient, alors tout le reste va bien.

Et donc ça ce qu'on a vu, cette prière-là elle a un nom un peu particulier qui s'appelle l'oraison. Donc si vous arrivez à, encore une fois, que ce soit une fois par trimestre, une fois par semaine, une fois par jour, mais vous avez une vie d'oraison. Quand... Et je pense encore une fois que quand on a ça, on arrive là où on doit arriver.

Donc c'est aussi pour ça que je voulais commencer par ça, mais c'est vrai que la question qui vient après ça, c'est un petit peu de se poser la question de : « Quelle est ma spiritualité ? » Parce que vous êtes tous en train de faire une demande, ou presque tous en train de faire une demande de sacrement, et en fait, ça pose la question de : « Quelle est ma vie sacramentelle ? » Et bien sûr les sacrements que vous demandez, c'est des sacrements qu'on fait qu'une seule fois, et c'est pour ça qu'il y a une préparation un peu plus importante.

Mais au-delà de par exemple quand on demande le baptême, une fois qu'on est baptisé, on est invité à aller se confesser c'est un autre sacrement. On est invité après sa première communion à aller communier. Et donc déjà, Ok, on a compris qu'il y avait une vie d'oraison, mais il y a aussi une vie sacramentelle.

Et l'Église nous donne des bases. Mais pour être tout à fait honnête, encore une fois aussi, on a de temps en temps l'image de... l'église n'est pas très bonne en communication, souvent, qu'elle nous met des contraintes. Mais quand on dit aller à la messe une fois par mois une fois par semaine, aller se confesser une fois par an etc., c'est des contraintes assez basses en fait. C'est juste le minimum mais à chacun de décider, déjà comment il l'intègre dans sa vie. Dans notre paroisse on a la messe le dimanche matin, mais parfois on a aussi dimanche soir etc.

Donc pareil, une petite série de décisions, et après la confession ça peut être qu'une fois par an et c'est très bien, mais du coup, il faut avoir un plan. C'est ça que j'essayais de dire.

Et c'est assez important. Et encore une fois tout ça, je ne pense pas que la contrainte ou la discipline soit une bonne démarche, mais je pense que un des mots clés de notre vie de foi, c'est la cohérence. Encore une fois, si Jésus nous attend, comment est-ce que je peux lui tourner le dos pendant trois mois ? S'il m'a créé par amour, comment est-ce que je peux ne pas venir une fois de temps en temps à l'église, etc ? C'est cette cohérence qui doit nous animer.

Mais après, ok, donc il y a la vie d'oraison, la vie sacramentelle, mais en fait, il y a une autre démarche qui est de se dire : « Quand est-ce que je, vraiment, je crée l'opportunité pour vraiment approfondir ma relation avec le Seigneur ? » Donc ça peut être une retraite, ça peut être des lectures spirituelles, mais c'est cette formation continue aussi qui doit nous animer un peu au-delà. Et là aussi, on doit avoir un plan. Ça n'a pas besoin d'être très compliqué, encore une fois, ça peut être, je lis une vie de saint tous les deux ans, très bien, mais il faut un plan.

Et la dernière chose que j'ai envie de dire, c'est que, OK, il y a l'oraison, il y a la vie sacramentelle, il y a les moments que je crée pour me faire travailler un peu plus en profondeur.

Et puis après, il y a l'ordinaire, la journée, et là aussi la journée il y a deux trois petites choses à régler, il ne faut pas que ce soit lourd, mais peut-être que je commence ma journée en offrant en offrant ma journée, juste, voilà, cette journée là, rien que la petite sœur Thérèse elle avait plein de petits trucs assez sympas, elle commençait toujours sa journée en disant : « Rien que pour aujourd'hui, Seigneur, que je souris plus », ou : « Rien que pour aujourd'hui, Seigneur, que j'écoute plus. » Commencer sa journée comme ça, ça peut être un truc.

Un autre truc aussi qui peut nous aider, c'est quand on... Par exemple moi quand je vais entre deux meetings, je change de pièce, et sur le chemin, plutôt que de penser à des problèmes, je fais une toute petite prière, je dis : « Je viens de passer un one to one avec Jean-Luc et ben, bénis Jean-Luc. » Juste une toute petite phrase, mais il faut colorer son quotidien avec justement cette dimension spirituelle qui nous relie à Dieu mais qui nous relie aussi aux autres.

Et puis peut-être le soir, quand je vais me coucher, souvent je trouve que c'est un bon moment un petit examen de conscience, et encore une fois l'objectif c'est pas de se fouetter, mais c'est juste de se dire : « Qu'est-ce que j'ai vécu aujourd'hui, Seigneur, qui m'a fait grandir ou qui m'a réjoui ou qui m'a rapproché de toi, ou, au contraire, m'a éloigné de toi ? » Et peut-être qu'il faut que j'essaie de faire différemment la prochaine fois. Et voilà. Et à la fin de sa journée... et puis de finir toujours par une demande ou par dire : « Voilà, tout ça, je te le remets. »

On est surpris de tout ce qui arrive. En fait, tout ce qu'on donne au Seigneur, qu'on a l'impression, c'est juste, j'ai dit ça comme ça, etc. Non, non. Un truc qui m'a toujours frappé quand je fais mon chapelet, c'est — je ne sais pas si c'est ce que je vous dis, c'est comme ça que l'Église l'interprète — mais quand Jésus a les couronnes d'épines, et les soldats romains se défoulent sur lui comme j'ai réalisé plus tard que beaucoup de geôliers font, il y a une déshumanisation. Donc Jésus a vécu cette déshumanisation. Mais à un moment donné ils s'amusent à se prosterner devant lui, et à le saluer comme si c'était un roi pour se moquer de lui. Mais quand on réalise que ces soldats romains se sont prosternés devant lui et ne pensaient pas trop à ce qu'ils faisaient, Jésus a établi son église à Rome et il a accepté la royauté qu'on lui a donnée et il a dit : « Si vous, les soldats romains, vous prostérez devant moi, ok, je vais faire mon église chez vous. »

Et donc tout ça c'est pour dire que, on a l'impression que ça pèse pas lourd et en fait lui s'il le prend, il sait quoi en faire.

Et voilà. Et la dernière chose que je voulais vous dire ce soir c'est que tout ce qu'on a vu c'est des clés qui nous permettent de vraiment nous faire disciples de Jésus. C'est tout un programme de vie, mais... Et encore une fois, ça commence avec la pratique qu'on a faite de tout simplement construire une relation avec Jésus, une relation en vérité, en simplicité, avec des outils qu'il nous a donnés qui sont en fait beaucoup plus puissants peut-être que ce qu'on avait compris avant d'arriver ici.

Et en fait, Jésus nous donne plein plein de choses. On a un ange gardien, on a le saint du jour, etc. Mais sur la croix, quand on pense que là, il a vraiment tout donné et que... il nous a donné sa maman, pour qu'elle soit notre maman. Mais en fait, la Vierge Marie a vraiment quelque chose d'incroyable, c'est qu'elle est la disciple parfaite.

Et c'est pour ça que je suis très content qu'on vous ait demandé de lire Saint-Luc, parce que Saint-Luc, c'est celui qui très certainement a passé le plus de temps avec la Vierge Marie, et c'est l'évangile dans lequel on parle... très peu de la Vierge Marie, en fait, dans la Bible. Mais dans Saint-Luc, c'est là qu'on a toutes les clés.

Et vous avez forcément été interpellé par le fait qu'elle méditait tout cela dans son cœur. Donc, en fait, c'est ça qu'on fait ce soir avec la prière, c'est qu'on fait exactement ce que Marie faisait. Elle ne méditait pas la vie de Moïse ou je ne sais pas quoi, elle méditait la vie de Jésus tel qu'il l'a vécu, et nous aussi en fait on médite la vie de Jésus, tel qu'il l'a vécu, mais elle a plein d'autres clés, Marie.

Et donc en fait pour finir ce moment ensemble, je voulais juste finir par un autre Je vous salue Marie, mais qu'on comprenne aussi que chaque « Je vous salue Marie » qu'on dit, c'est une fleur qu'on dépose devant elle, et en même temps c'est une demande implicite qu'on fait, qu'elle nous aide à être des meilleurs disciples de Jésus.

Et voilà. Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Et voilà, merci beaucoup. Merci.

Pour préparer la soirée

Questions proposées avant la rencontre.

  • Qu’est-ce qui m’anime aujourd’hui sur mon chemin de foi ?
  • Quel est mon rapport actuel à la prière ?
  • Pour moi, qui est Jésus ?